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13 juillet 2009 1 13 /07 /juillet /2009 09:17

EPISODE 1 - Est-ce bien raisonnable d'accueillir des vers de terre dans un appartement parisien pour transformer ses déchets alimentaires en compost ? Pour en avoir le cœur net, un journaliste de la rédaction s'y est essayé six semaines durant. Le résultat de ses expériences sont à découvrir au long des 7 épisodes de ses Chroniques du lombricompostage urbain.

 

Documentation commerciale sur le lombricomposteur Can-O-Worms.
Documentation commerciale sur le lombricomposteur Can-O-Worms.

 

Au commencement était le vert. A écrire des sujets Consommation pour La page verte du Figaro ou du figaro.fr, forcément on finit par voir la vie dans cette couleur. Une vie agréable avec de beaux objets qui allient design et respect de l'environnement. Finis les pulls qui grattent, la nourriture macrobiotique insipide et la privation de technologie. Désormais la mode, le high tech numérique, la maison fourmillent de produits facile à vivre et respectueux de la planète.

Une seule lettre vous manque et tout est dépeuplé. Et pourtant dans ce monde lisse et harmonieux du vert, ma route a fini par croiser l'univers bien plus tortueux du ver. Il a suffi d'un étrange objet dont j'ignorais tout : le lombricomposteur. Pas la peine de chercher dans un dictionnaire, il n'a pas eu le temps d'intégrer cette merveille (ou, plus vraisemblablement, elle est restée trop confidentielle pour mériter cette reconnaissance). L'idée est la suivante : il s'agit d'un composteur, donc d'un récipient destiné à transformer déchets verts et organiques en compost dans lequel ce sont des vers (ou lombrics) qui font le travail. Une véritable centrale individuelle de retraitement des déchets ménagers pour tous ceux qui ne disposent pas d'un jardin.

Stupeur et tremblements.Voilà un produit et une approche pour le moins audacieux. Les candidats doivent débourser quelque 150 € pour acquérir l'engin et y installer des vers de terre par centaines avant de les nourrir à coup d'épluchures et autres restes de pâtes. L'intérêt de la manœuvre ? Participer à la réduction des déchets et fabriquer son propre engrais et son propre compost. Pas vraiment aussi radical que tout plaquer pour aller élever des chèvres dans le Larzac mais tout de même. Dubitatif quant à la faisabilité de la chose dans un petit appartement et sur l'absence d'odeurs vantée par les présentations commerciales, j'ai voulu en avoir le cœur net.

La fortune sourit aux audacieux. L'idée d'un essai en conditions réelles avec compte-rendu à l'appui est rapidement acceptée par ma hiérarchie au journal. Convaincre Nature & Découvertes (www.natureetdecouvertes.com), l'un des distributeurs de l'appareil, de m'en prêter un est tout aussi facile : les candidats souhaitant mettre en valeur ce genre de produit ne se pressent visiblement pas au portillon. Les choses se gâtent lorsqu'il s'agit d'annoncer la bonne nouvelle à mon proche entourage. Le pouvoir de répulsion de ces inoffensives bestioles est bien plus puissant que je ne l'avais imaginé. Mon épouse qui s'amuse de mes tests farfelus lorsqu'ils sont pratiqués au bureau perd soudain le sens de l'humour lorsque se télescopent les mots «vers de terre» et «maison». Je dois donc m'engager à assumer seul l'entretien des petites bêtes et surtout à cantonner leur existence au fond d'un. Même les enfants y vont de leur couplet craignant de retrouver des intrus dans leur chambre. Quant à mes collègues de bureau, je vois bien qu'ils ne me regardent plus du même œil : de doux rêveur je passe en quelques heures au statut de «père vers».

A chacun sa devise. A ce stade de l'expérience, je comprends que pour se lancer dans le lombricompostage il n'y a que deux attitudes ou deux maximes à adopter. Les militants feront leur la devise «En vers et contre tous», quant aux discrets ils choisiront avec profit : «Pour être heureux, compostons cachés».

tiré du Figaro

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Published by bruno - dans lombrics
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